Interview

Publié le par Le Mizou

Interview sur John Butler...

Vous avez grandi à la campagne. Vous sentez-vous proche de la nature ? Quelle est l’influence de cet environnement sur votre musique ?

En fait, je suis né à Los Angeles, mais l'endroit où je vivais avec ma famille était situé en dehors de la ville. J'ai en effet grandi dans un milieu rural. Cela a évidemment fait que je me suis intéressé à la vie animale, à la nature… Puisque c’est là que je me suis construit, que j’ai grandi, cela a eu une influence sur ma vie en général ! Ensuite j’ai vécu en Australie, et là je vivais encore un peu plus à la campagne. En quoi cela a influencé ma musique ? Je dirais que c’est toute ma vie, tout ce dont ma vie est faite, qui influence ma musique : l’amour, la guerre, le fait d'avoir un enfant, mon amour pour la planète, l’environnement…


Toujours à propos des influences... Quelles sont les personnes, les musiciens qui ont compté pour vous ?

Il y a énormément d’artistes et de musiciens qui ont eu et qui ont encore un impact sur ma musique. Même les choses que je n’aime pas ou même ce que je considère comme mauvais, tout cela influence mon travail ! Tout cela me fait prendre conscience de la musique que je veux faire. J’écoute de tout : hip-hop, reggae, country, folk, blues, musique celtique… et des artistes aussi divers que Eminem, Black Sabbath, Johnny Cash, les Beastie Boys, AC/DC


En France, les critiques vous comparent très souvent à Ben Harper. Que pensez-vous de son travail, vous a-t-il influencé, ou cette comparaison vous agace-t-elle ?

Non, pas du tout. J’ai beaucoup de respect pour ce que fait Ben Harper. J’aime vraiment sa musique ! Et puis le fait que l’on me compare à lui est une bonne chose, non ? Du moment qu’on ne me compare pas à ces musiques de publicité, ces tubes éphémères pour ados (rires) ! Non, je respecte et admire le travail de Ben Harper. Mais ceci dit, je ne dirais pas que la musique que nous faisons l'un et l'autre soit similaire.


Vous avez reçu de nombreuses récompenses, de prix décernés par des professionnels. Cela compte-t-il beaucoup pour vous d'avoir cette reconnaissance ?

Je ne vais pas dire le contraire, évidemment que cela est agréable et flatteur... Mais ce n’est pas pour ces récompenses que l’art existe. L’art est un moyen de s'exprimer, de dire les choses, pas de faire des choses dans le but que l'on vous remarque et vous récompense !


Vous avez été étudiant en arts, pourriez-vous parler du visuel que vous avez choisi pour votre dernier album ‘Grand National’ ?

Un jour je dessinais avec ma fille. On a renversé de l’encre. Une image très forte m’est apparue. J’avais cette idée en tête depuis un moment. On a juste interverti le noir et le blanc comme sur un négatif. Ces taches font appel à l’inconscient de chacun, qui peut y interpréter ce qu’il souhaite, comme il l'entend. C'est ça le message...


En quoi diriez-vous que ‘Grand National’ diffère de vos albums précédents ?

Les chansons sont nées plus facilement, de l'alchimie entre nous trois. On essaye sans arrêt de nouveaux sons, on expérimente beaucoup, et on compile ainsi de plus en plus vite des mélodies… et de nouvelles chansons !


Diriez-vous que vous êtes un artiste engagé politiquement, un "protest singer" ?

Non, absolument pas. Je suis un être humain, c’est tout. Je parle de la vie, de sujets qui nous touchent tous autant que nous sommes. Parfois on se sent plus concernés par ce qui se passe en politique, parfois par l’amour, ou parfois par nos enfants et leur avenir. Je ne suis pas un artiste qui tente de délivrer des messages forts du type "Ca c’est bien et ça c’est mal". Je ne pointe personne du doigt, mon rôle n’est pas de chercher les responsables. Ca c'est le rôle des politiciens, d'un président de la république, d'un ministre. Je m’intéresse davantage aux choix de vie que font les gens, j’observe et je me demande pourquoi il ou elle mène ce type de vie, qu’est-ce qui a fait qu’il ou elle en est arrivé là aujourd’hui. Ce sont des observations sur les êtres humains par un autre être humain. Je parle souvent de la foi, la confiance en soi et en les autres. Il me semble qu’aujourd’hui, la religion et la politique créent des murs de séparations entres les gens. On nous cloisonne, on met en avant nos différences alors que finalement nous voulons tous la même chose : de l'eau saine dans nos rivières, éradiquer toute forme de pollution, vivre heureux et sainement. Les discours, les débats simples sont déjà tellement politisés ! Il faut des débats d’idées, les gens sont différents, ont des croyances différentes, mais on n'a pas besoin de tomber dans le fanatisme pour ça ! Il doit y avoir 0,001 % de la population qui désire vraiment mettre des barrières entre les gens. Les autres veulent juste vivre en paix et en harmonie tous ensemble !


Votre chanson ‘I used to get high’ sur 'Grand National' parle justement du manque de communication, entre les jeunes en particulier. Vous parlez d’un personnage qui passe sa journée devant la télévision, qui reste passif… C’est une dénonciation des effets de la société de consommation ?

En partie. Mais cette chanson parle de beaucoup de choses ! Je voulais aussi et surtout parler de ce besoin d’évasion qu’on ressent tous. Le personnage est dépendant de ce sentiment sans vraiment parler de drogue directement, car on n’a pas besoin de prendre de drogue pour cela ! Je trouve que les taux d'abstention de plus en plus importants aux élections sont révélateurs de cette volonté de lâcher prise, de fuir ! Quand vos avez vraiment l'impression que l'on ne vous laisse pas contrôler votre propre vie comme vous l'entendez, alors vous choisissez de fuir.


D’où vous est venue cette prise de conscience au sujet de l'environnement ?

Je vous rassure, il ne s’agit pas seulement d’une idéologie “baba cool” simpliste, être amoureux de la nature, des arbres, des fleurs, etc (rires). Il s'agit juste d'une révolte, de voir que tout va de travers, que des décisions stupides sont prises chaque jour, à l’encontre du bon sens ! La Terre nous appartient et nos gouvernements, par lâcheté ou par appât du gain, sont en train de la transformer en poubelle ! Personne ne devrait tolérer un tel système. Il faut juste réapprendre le respect des gens, des choses. A une époque, j'ai voulu m'engager dans l'armée. Je pensais "Ce sont des gens bien, ils ont un but dans la vie et ont une raison de se battre, ils veulent un monde meilleur”. Et puis je me suis réveillé un jour et j’ai réalisé que ce n'était pas du tout le cas : ils ne font qu’appliquer les ordres des gouvernements. Concrètement, j’essaye juste de faire avancer les choses en informant le public qu'il existe des moyens écologiques de développement durable et des modes de production qui peuvent être moins néfastes. Pour le présent et le futur. J'y fais moi-même attention et je donne des informations sur les pochettes de mes albums.


On pourrait vous reprocher de n’être pas totalement cohérent... Après tout, vous êtes souvent en tournée, et passez donc beaucoup de temps dans les avions, vous voyagez aux quatre coins du globe...

Oui, vous allez dire que c’est paradoxal ou vous pouvez penser que c’est hypocrite… Mais on n’a rien sans rien, ce n'est pas en restant chez soi à ne rien faire dans le but de ne rien consommer que l’on fait bouger les choses. On ne fait rien sans argent, et pour avoir de l'argent il faut travailler, et mon travail exige d'aller rencontrer le public. On en revient à la notion de compromis ! C'est ce que je voulais dire. Etre extrémiste ou fondamentaliste ne sert à rien, il faut trouver le juste équilibre entre les buts que l’on se fixe et les actes pour les réaliser. Mais je reverse une somme correspondant à nos émissions de CO2 à des organismes, des associations écologistes... C'est un équilibre à trouver. On fait tous des erreurs, personne n'est parfait, on essaye juste de faire des choses bien à notre échelle, avec les moyens qui nous sont donnés. Pour moi une solution serait d’investir plus intelligemment les sommes astronomiques qu'on dépense dans la conquête de l'espace. C'est ridicule, on ne va pas construire une autre Terre sur Mars ! Il faudrait déjà commencer par mettre ces fortunes dans le développement durable pour assurer un avenir digne à nos enfants. Ca devrait être la priorité.


Vous avez déjà joué au Grand Rex il y a un an. Aviez-vous particulièrement envie d'y rejouer ? Quelle relation entretenez-vous avec le public français ?

J'ai été accueilli en France comme si j'avais toujours habité ici. Dès mes premiers concerts, les réactions ont immédiatement été très positives et enthousiastes. On dirait que ma musique vous parle, naturellement. Je n'aime pas généraliser, mais je trouve pourtant que l'on vous met plus facilement dans une catégorie aux Etats-Unis, et il est difficile d'en sortir ! La réaction du public français est plus simple : "on aime ce que vous faites, peu importe le genre, si c'est bien fait c'est tout ce qui compte". En tant que musicien, on se laisse complètement emporter. Le public français est comme ça, on le sent...
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Y
Je crois que j'avais déja apercu un bout de cette interview dans un magasine mais je l avais pas vu entière donc merci parce que cki dit c'est énorme, ensuite je les ait vu en concert a strasbourg, et ce qui est énorme c'est que entre chaques chansons i parle de tout et de rien, en anglais bien sur, mais c'est trop fort, il est a fond et tout le monde l'écoute, jui vraiment fan de ce mec et de son groupe, de tout ce quii fait, et merci pour le blog yavais des vidéos ke javais jamais vu, donc encore merci...
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